A la patoche

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A la patoche

*

C’est mon droit strict d’écrire moche !

D’ornementer de bas en haut,

D’agrémenter de droite à gauche,

Jusqu’à la débauche des mots !

*

Et d’avoir le cœur qui balance

Parfois entre deux sons de cloche…

Sans que ne tinte au jet des lances

Le fer de ma tête de pioche !

*

On me filoche…ils s’introduisent

Dans le cerveau de mon PC

Et me le staphylocookise

En alléguant que j’ai pêché !

*

Mais j’ai le droit d’écrire en biais !

De m’opposer, soigner l’accroche

Qui pendra ma langue au gibet

Polie de mauvaises galoches !

*

Citoyen ! le droit de cité !

En mains le pouvoir d’orthographe

Qu’au besoin j’ai soin de citer

Lorsque j’ai faim, lorsque j’ai soif !

*

Et que m’en prive la basoche,

J’irais encore peindre et graver,

Jusqu’au sang tailler dans la roche

A la tête des justiciers !…

*

Pat le 23/04/15

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Pour?

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Pour ?

*

Dieu a fait les oiseaux légers pour

Sur les arbres les poser…

Des branches pour

Qu’ils s’y balancent

Et l’air pour

S’y envoler !

Dieu a fait l’eau pour

Miroiter

Des astres de toutes beautés…

Tant et tant différentes !

…Et le vent pour

Siffler pour

Que l’oiseau apprenne à chanter…

Dieu a fait l’homme pour

Habiter,

Ses deux bras pour le seconder…

Mais à peine pour

Prétendument se reposer,

A t-il fermer les yeux…

Qu’ils se le sont appropriés pour

Le faire travailler…

En inversant les rôles !

Et des années durant

En son nom prospérer

En dépit du bon sens !

Faire, défaire pour

Recommencer…

Dieu a fait les oiseaux légers pour…

Tellement de raisons ! mais

Que forts oublieux…

Nous ne cessions jamais d’aimer

*

Pat le 20/04/15

Au temps comme autant

J’ai déjà écrit comme vous, tant d’autres sur …le temps qui passe ! mais bon…encore une petite occasion de glisser mon grain…d’impression, mon grain plat et virtuel qui n’enrayera pas cette belle mécanique…Encore le faudrait il ! avec une machine à le remonter puisque la mienne n’y suffit pas (je parle de mon bras qui tourne la clé pour remonter lorsque j’en ai (du temps) la vieille horloge de mon salon!)

Une occasion surtout de me remémorer le magnifique poème d’Apollinaire, l’un de mes préférés par la simplicité de sa digne sentence : Vienne la nuit sonne l’heure, les jours s’en vont je demeure…

Au temps comme autant

*

Tout ce bon temps à tes côtés !

Que je ne voyais pas passer !

Maintenant que tu n’es plus là…

Depuis le temps n’en finit pas…

La comtoise comme arrêtée,

Je ne vois pas le temps passer !

Son train trop vite ou lentement…

Mais toujours invisiblement !

*

Pat le 20/04/2015

*

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

L

E

P

O

N

T

M

I

R

A

B

E

A

U

Guillaume Apollinaire

Nature suprême

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Nature suprême

*

Devant tant de merveilles révélées, ébahi

Par dessus la mistoufle et la morosité…

En quittant ses pantoufles, splendeurs endormies

Au Printemps se réveille mon amourosité…

*

Que rien ici n’explique, ni lois ni théorèmes…

Les sciences ont des physiques d’apparence vilaine…

Mais ce pouvoir primant de loin tous les barèmes

Découvre pan par pan la nymphe sous la couenne

*

A mes yeux rayonnante, si pleine d’énergie !

Donnant puissante envie, ici mots à mes lettres !

Dont les sensibles sentent en leur sein qu’elle agit…

Pour le don de la vie, quitte à perdre de naître !

*

Des vagues me parcourent en silence le cœur…

De fortes résurgences aux ondes délicieuses

Prennent la consistance ressemblant au bonheur,

Mais n’apporte en leur cours encore une amoureuse…

*

Peu importe hasard ou le divin baroufle !

Tient au vent son lointain discours pour mes esgourdes,

Que le furieux bazar des lâches emmitoufle,

Le cri d’autres humains à leurs oreilles sourdes !

*

Oh ! ce charme indiscret à me couper le souffle !…

Je le célébrerai ! demain…jusqu’au jour où…

Je l’aurai trop aimé ! Et bouche dans mes moufles,

Fini de respirer…soupirer après vous…

*

Pat le 19/04/15

Rom-Antique

 

Le roi David

Le roi David

*

Rom-antique

*

Peut-être ont-ils raison ceux qui disent qu’il vaut mieux

Désormais à l’église réserver l’oraison ?

Plutôt que composer de ces vers pompeux

Que jamais ne joueront les moindres orphéons !

*

Aux grandes auteures d’âme, hauteurs qui les clament

De nature plus habiles au sujet délicat…

Qu’à tout premier quidam grossier avec les femmes…

Qui de l’objet subtil ferait un moindre cas !

*

Nombre depuis David ont joué de la fronde,

Du psaltérion, du luth ou Tristan de la harpe…

Célébrant leurs minutes d’ardeurs floribondes…

De la même passion, que debout sur l’escarpe !

*

Serait-il maintenant trop vieux jeu de paraître

Sous de vides balcons à chanter des aubades

D’exposer son penchant au péril des fenêtres

Sans précautions son front à promise cascade ?

*

Peut-être ont-ils raison… différemment perçu ?

Ce pouvoir de l’amour qui pousse à se mouvoir

En toutes occasions vaillant de l’aube ému

Dans l’harmonie du jour jusqu’aux accords du soir.

*

Pat le 11/04/15

Mon Printemps

Je tente encore ici dans mon poème, j’espère avec un peu d’humour ressenti, d’exprimer mon sentiment mitigé à l’arrivée du Printemps, qui d’un côté me ravit et d’un autre me désespère tant il secoue mon organisme de ces coutumières et incompréhensibles allergies à sa nature…Alors même que je l’aime ! Mais mon amour n’est manifestement pas partagé…Snif !

Le printemps de Nathalie

Le printemps de Nathalie

Merci Nath pour ta belle photo de l’œuvre de tes mains…

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MON PRINTEMPS

*

Ne m’en veux pas mon cœur si je ne t’accompagne !

Ce n’est pas que je pleure encore l’amour déçu !

Mes larmes en ruisseaux ne sont que moindres flux…

Mais mon nez coule à flot de la verte campagne !…

*

Voici les jours Olá ! La saison bienvenue !

Où la nature appelle la feuille, l’oisillon,

La fleur… à la nouvelle vive démangeaison

Au ciel qu’à tout va les glandes éternuent…

*

Respirer le Printemps au soleil d’apparat,

D’Avril les espoirs sont sans comparaisons…

A travers le mouchoir mièvres exhalaisons !

Fussent-elles d’un champ de la plus fine soie !…

*

Oh bien sûr je me soigne ! mais meurs du remède

Sans ouvrir au matin grand portes et fenêtres !

Qu’une quinte me gagne… pour cracher à dix mètres…

De dedans au plus loin ce mal qui me possède !

*

J’attends impatiemment qu’enfin veuille paraître

Les signes chaque année de la belle saison,

Comme un enfantement en moi la guérison,

Afin d’oser aimer, à sa lumière renaître !

*

Que je puisse sans crainte, ailleurs que dans les livres,

Mon cœur à tes murmures ouïr d’autres Kermès…

Voir aux teintes qui jurent, merveilleuses promesses !

Clairement les empreintes d’un chemin pur à suivre.

*

Pat le 04/04/15