L’épié

L’épié

*

Dans l’herbe haute, Sur les pelouses,

En évitant quand même les bouses…

S’asseoir, se déshabiller,

Ôter l’étoffe, prendre son pied…

*

Ou sur le premier banc venu…

Après avoir trop marché, nu

Sans le tissu moite de suée…

Laisser la brise nous soigner…

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Sur le tapis de l’ascenseur…

Si le regard réprobateur

D’un censeur surgit, ringard !

S’en ficher, prendre son panard !

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Et dans le sable fin des dunes

De Stella plage ou de Brédune

D’une rude fin de journée

Se soulager, prendre son pied !

*

Peu importe celui qui masse…

Pour un instant divin, de grâce

Aux portes de la volupté…

Quand il passe, prendre son pied !

*

Tout seul, à deux en amoureux…

Si vous pensez encore à mieux…

Qu’en plus de nombreux doigts subtils

Un outil pourrait être utile…

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Il n’est peut-être pas illustre…

Celui sans la lumière des lustres

Qui dans la nuit sombre se cache,

Voit les étoiles comme des flashes !

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Et paierait pour la rosée fraîche

Ou la paille de grange sèche…

Pour que se déforme la route

Jusqu’au pied conforme à la voûte !

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A se tortiller, s’estropier…

Même en s’y prenant comme un pied

Sur la banquette d’une auto…

Mais prendre son pied… en photo !

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Pat le 17/06/15

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Tiguidou

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Tiguidou

Tu me dis là m’aimer toujours…

Voilà qui sonne comme encore

Et requiert un patent effort

Auquel pourtant je deviens sourd !

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Il n’y a pas d’amour qui vienne

Et dure sur le même item

Pour que je te réponde idem

Qu’il y a des amours qui tiennent !

*

Tu me dis souvent m’aimer bien…

Parce que tu m’as donné la main

Dont j’avais ce Lundi matin

Sur la figure le dessin !

*

Autant déclarer m’aimer fort !

Je n’ai qu’un seul vrai besoin

C’est de l’être en retour, moins…

Suffit à mon petit confort !

*

Et pourquoi pas même ô combien !

Je m’imagine Tiguidou !

Dans les draps sans dessus dessous…

Il n’y a pas d’amour certain !

*

Lorsque tu dis m’aimer sans rien…

Enfin vraiment je peux te croire !…

Peut-être impudique et sans gloire,

Mais Mon cœur ! je ne suis qu’humain !

*

Il y a des amours tout court

Comme disait à Morgan Gabin…

Quand je vois dans tes yeux le bain

Qui me rend propre chaque jour !

Pat le 15/06/15

Mal du pays

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Mal du pays

*

Je regarde le ciel en ce début d’été,

Ces boules de coton que le vent déchiquette,

Déchirant l’horizon de sa frêle liquette

Pour étaler son bel azur réorbité

*

Toujours je me répète qu’il n’est pas de motifs

Vraiment de s’inquiéter ! puisque nous habitons

Cette maison parfaite comme dans un cocon

Nous tous ! sans papiers ! sans justificatifs !…

*

Il flotte (bon à sentir) un parfum de lilas…

Je repose ma tête sur un coussin, rêveur…

Ô combien j’étais bête hier devant ces fleurs

De ne pas en quérir alors le distillat!

*

Et qu’ai je à regarder dans les trouées profondes

Des infinités bleues que l’œil ne pénètre

Plus loin que par le creux d’une fausse fenêtre

Le reste de l’année, les raisons de ce monde !

*

Mais voilà (qu’en symbole), des masses grises, sombres

S’avancent, familières, aux gueules menaçantes,

Monstrueuses, Cerbères du ciel en meutes lentes

Qui découpent le sol de leurs tranchantes ombres…

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Viennent me rappeler mon impérieux devoir

Pour lequel je vis, prisonnier de l’esprit,

De chercher, cogiter… jusqu’à ce que j’expie

Le mal du pays en gardant bon espoir !

*

Exilé aux confins d’un univers lointain

Pour beaucoup moins de fruits en un jour funeste

Que ne font pas sans bruit, à l’heure de la sieste,

Les outils de jardin de mon odieux voisin !

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J’abandonne ma natte pour un plus sûr bastion,

Aux premières semonces dès que tombent en miettes

Les premières réponses de cette autre planète

Que sont mes délicates, mes frêles illusions…

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La nature me jette à la tête son Graal

Encore plein des quasars de toute sa création

Dont nul ne voit le quart jamais d’une portion,

Vivant de peu de quête pour des milliards d’étoiles

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Pat le 06/06/15

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