Y’a

Sur l’indifférence, sur la couardise, que dire à part qu’écrire est ma façon de condamner la lâcheté face à la violence, au racisme et à la maladie de la bête qui ne fait pas que sommeiller en nous…la bêtise. Elle entreprend, elle se reproduit, Elle prolifère et c’est nous qui sommeillons…

*

Y’a

*

Y’a des voyous

Y’a des crétins…

Qui s’battaient tout

A coups de poing…

*

Du sang partout,

Un assassin !

Mais pour le coup

Aucun témoin !

*

Entre j’m’en fous

Et j’en sais rien,

Les ventres mous ,

J’chuis pas certain…

*

J’ai rien vu ou

Ben… Z’étaient plein !

Plutôt châtains

Pas grands, moyens…

*

Passer dessous

Les roues du train ?…

Le pauvre chou !…

C’était quelqu’un ?

*

Quand y’a des r’mous

Trop de tintouin,

Y’a plus d’« coucou ! »

Y’a plus d’voisins !

*

Que des hindous,

Des Maghrébins !…

Il était d’où

D’ailleurs Caïn ?…

*

Y’a que des fous

Qui foutent le brin ?

Y’en a beaucoup

Trop qu’ont un grain !

*

Y’a des chelous,

Qui n’ont plus rien

Dans leurs dessous

A part la main…

*

Y’a des ripoux

On sait pu bien…

Par quel bout

Tirer le moins…

*

Que voulez-vous ?

Y’a qu’des gamins…

Faut bien qu’i jouent !

C’est pas la fin…

*

Et pis y’a nous

Les gens très biens !

Parlant de tout

Avec leur chien…

*

Pat le 26/09/14

L’ombre

Je voulais écrire un poème noir ! Bon…Disons gris parce que pour le noir…repassons…enfin je voulais dire qu’il y pire, donc mieux (dans le genre…série noire…). Veuillez m’excuser pour les 5 ou 6 victimes que je n’ai pas préalablement occis.

Cependant ma plume est quand même triste…de voir comment l’homme juge l’homme sur des représentations partielles de sa personnalité, des apparences trop rapidement plutôt que sur sa globalité. Nous avons tous nos parties d’ombre nécéssairement, et notre rayonnement même produit de l’ombre inévitablement… pour nous bien sur et pour notre entourage, d’autres individus laissés pour compte dans une recherche conflictuelle d’épanouissement personnel, égoïste dans une totale inconscience que produit notre société dont le crédo « soyez vous-mêmes » comme d’autres d’ailleurs caricature la richesse de ce que nous sommes en éclipsant son coté sombre…

Moi, je suis triste ! Et alors !…Demain je serai gai et j’espère que vous m’aimez quand même.

*

L’ombre

*

Une affiche sans nom d’artiste,

Portes ouvertes sur la nuit

Je suis ou me précède, holiste

Avachie dans la modestie…

*

On ne me demande plus l’heure

Aux cadrans et vieilles horloges

D’où dardaient jadis en longueur

Les commandements de ma loge

*

Mon escorte toujours fidèle

Accompagne la main, le geste…

De sorte que tombée du ciel

L’ anonyme se manifeste

*

L’été muette et silencieuse

J’avance et jette un pan de tente

Sur votre existence radieuse

D’obscurité raffraîchissante

*

Mais vous me piétinez aux pieds !

Sans que je n’ai plus droit en ville

A cette horizontalité

Que j’aime dans l’amour docile…

*

Projettée au fond du plus noir

Des trottoirs surpeuplés

Dans l’opacité du miroir

Sur lequel je gis…déformée

*

L’ombre d’autres réalités…

*

Pat le 23/09/14

Quand bien même…patron

                             Autant vous le dire là…direct…comme un coup de poing sur le nez…que je ne vous donnerai jamais, certains d’entre vous m’énervent… Vous êtes là.. à me lire, je ne sais pas pourquoi… D’ailleurs, je ne vous connais pas…où à peine pour certains. Vous êtes peut-être vicieux, pervers, criminel qui sait! et moi je me livre en pâture,  tel un chippendale, j’ouvre mon cœur des années portes ouvertes sans savoir qui y rentre… D’abord, vous n’êtes pas d’accord avec moi!…ça encore!…Vous avez le droit d’avoir tord!…Mais surtout nous n’avons pas les mêmes valeurs, nous ne sommes pas du même milieu social, de même culture… C’est pour cela que vous êtes là? Ah!…C’est n’importe quoi! Vous m’étudiez comme un singe dans sa cage, Ebola dans une éprouvette? Vous êtes nuls, vous êtes moches et je ne vous aime pas! Tout est dit.

Vous êtes encore là? Bon…alors sachez que je ne pense pas tout ce que je viens de dire…Pas tout. Internet c’est vachement bien, on peut parler et on trouve toujours quelqu’un pour répondre un truc sympa…C’est vrai qu’à la longue, c’est dur de se renouveler dans le genre: « excellent, magnifique, superbe… »mais chacun fait de son mieux pour encourager l’autre et ça, c’est bien, j’aime. Merci mes suiveurs (ses), vous êtes adorables pour peu que vous ne soyez pas…des patrons?…

*

Quand bien même…patron

*

Quand bien même seriez-vous humain…

Que vous ne vous y prendriez

Pas autrement qu’à quatre mains

Pour nous broyer les pieds cassés !

*

Quand bien même achèteriez-vous

Une propriété sur Mars…

Que vous auriez ici le goût

D’empiéter sur nos métatarses !

*

Quand bien même de bon matin,

A patins, en douillets chaussons…

Vous trouvez toujours le moyen

De nous écraser les arpions !

*

Quand bien même fameux maçon…

En bon compagnon du devoir,

Vous avez l’art et les façons

De nous concasser les panards !

*

Quand bien même ancien paysan…

Pour un carré de construction…

Vous n’hésitez pas un instant

A piétiner nos plantations…

*

Quand bien même chef, patron…

D’une affaire en ordre de marche,

Nous grimper sur les ripatons

Vous grandit dans votre démarche…

*

Quand bien même un jour de bon poil…

Vous nous demandez des merveilles !…

Et nous pressez jusqu’à la moelle

Du petit et dixième orteil !

*

Quand bien même sans permission

Passons-nous le moment venu

Les pieds devant… la direction…

Vous nous jettez la pierre dessus !

*

Et quand bien même auriez vous tord,

Dans tous les cas le dernier mot…

A la fin revient au plus fort

Qui nous aplatit les ergots !

*

Pat le 12/09/14

Quiétude

SOLEI081

http://www.photo-libre.fr

*

Quiétude

*

Je préfère la quiétude

Des couchers de soleil

Aux vives inquiétudes

Des aubes qui s’éveillent

*

Le devoir accompli

Aux futiles promesses,

L’abri des bonnes nuits

Aux colères sans adresses

*

J’aime la lumière douce

Aux portes du sommeil,

Les uniques secousses

De bayer aux corneilles…

*

Méditations et songes

En silencieuse veille

Au fond de laquelle plonge

La journée déjà vieille !

*

Oh ! Quel espoir naïf !…

Alors qu’une allumette

Ne pourra brûler vif

L’enfer de sa baguette !

*

Mais dans l’apothéose

De son brasier de soufre

Lorsque le ciel explose

Et que la nuit s’engouffre…

*

Tous les soucis s’éloignent

Et rejoignent la file

Des vieux cargos en panne

Sur la mer immobiles…

*

Les vagues empesées

De leur trop long voyage

Des raffiots naufragés

Ont rendu les bardages…

*

Et dissous sur la plage

Dans des mares salées

D’enfantins crénelages

De remparts estoqués…

*

Les oeuvres ensablées

Que mes orteils écrasent…

Aussi doux aux nus-pieds

Qu’une pelouse rase…

*

Alors sans la tourmente

Des fantômes en quête,

J’oublie que s’apparentent

Plus que ne rient les mouettes…

*

Et les pensées plongées

Dans la béatitude…

Je me sens m’imbiber!

De neuves fortitudes.

*

Pat le 10/09/14

Sur Par tir

En cette fin d’été, il me fallait bien écrire quelques lignes sur les vacances…qui s’achèvent mais reviendront! Pour moi, partir est un besoin que quasiment j’élève et j’entretiens au niveau d’un droit social. Quelle bénédiction de voyager, de visiter, faire des rencontres, de se poser…Pourtant je n’oublie pas que certains ne le peuvent pas, que d’autres partent par obligation. D’autres encore ne le souhaitent tout simplement pas et préfèrent cultiver leur jardin. Et c’est pour tous ceux là que j’ai écrit « par tir » non sans souligner aussi avec regret que le tourisme soit devenu parfois un business très lucratif et les touristes trop dépendants…

Par tir

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*

Par tir

*

Parlez-moi de partir !

Mais qu’il pleuve et partout,

Le ciel est toujours pire

Qu’ailleurs pour ceux dessous !

*

Là-bas c’est mieux ! les gens…

Dit-on sont très gentils !

Selon qu’ils soient d’argent

Plus ou moins bien nantis…

*

Parlez-moi de vacances !

Les seules qui me manquent

Sont celles où je dépense

Moins que je n’ai en banque !

*

De laisser mes soucis ?

Quand les ennuis s’accrochent

J’emporte mes outils

En malles dans mes poches…

*

De plages où l’on s’allonge

Ils se peut que m’endorment

A force les mensonges

Dosés de chloroforme…

*

J’ai gravi des montagnes

En rêvant dans mon lit…

Arpenté des campagnes

Sans trouver ma prairie…

*

Parlez-moi de partir !

Mais pour quel inconnu

Rechercher le martyr

Dans ce que j’ai vécu ?

*

Qu’entendez-vous par tir ?

Un moment qui vous tire

A quitter, revenir…

Des pleurs, des soupirs ?

*

Pat le 07/09/14