L’un dans l’autre

La vie qui passe

 

La vie se passe

Comme la douleur !

N’aies pas d’angoisse,

Un jour tu meurs !

 

Pendant trace

De belles couleurs !

Pour ta vue basse,

Quelle splendeur !

 

La vie loquace

Sur le bonheur,

Toujours en chasse

De ses faveurs !

 

Quelquefois lace

Entre eux des cœurs !

Fragiles nasses

De vieux pêcheurs !

 

Mais elle t’agace,

Son charme affleure,

Car dans ta glace,

Il est moqueur !…

 

Elle remplace

Parfois le leurre

Que tu embrasses,

Si ! par sa sœur !

 

Et la vie place

Les fines fleurs,

Entre des masses

D’horticulteur…

 

A la fin lasse

Ah! Quel malheur !

Les plus pugnaces,

Les meilleurs…

 

Sans trop d’hélas ! 

Comme un voleur !

S’enfuit fugace

Un jour  ailleurs !

*

Regrets

 

Si les regrets venaient comme des taches d’huile,

Du fond des océans aux courants qui les poussent,

Glisser leurs bras épais tout autour de mon île,

Gâcher avec le temps mes soirées d’Août douces…

 

Pour n’avoir plus avant aux autres consacrer,

Jamais en un baiser au doux moire d’une rose

Caresser simplement le sol où je suis né;

Sans ce devoir, voyez ! l’alcool partout s’impose !

 

Mais un homme avec l’âge, souvent devient honnête  !

Son cœur en vieillissant se ramollit, s’inquiète,

Reconnaît l’avantage d’aimer sa vie complète,

Car pour si peu de temps avant qu’il ne s’émiette !

 

Alors si le mien chuinte sous le flux des années,

Et pleure les relents de mes erreurs passées,

J’endure la contrainte, ouvre plus volontiers  

Mon âme à ces tourments pour être pardonné !

*

Ma vie

 

Je me plains, je te fais la gueule…

Ma vie! Mais c’est toi qui décide

De me tenir serrée la bride,

Même à me laisser croupir seul…

 

Je marche sur ton beau chemin

Ma vie! je crois que je dirige !

Mais c’est toujours toi qui m’oblige

A m’arrêter sur le bottin !…

 

Je sais ! combien j’ai de la chance

Ma vie ! J’avance et à mesure,

Tu me récompenses, m’assures

Au quotidien de ta présence !

 

Mais si je t’en voulais à mort

Ma vie! Jusqu’à renier un jour

La bienveillance dont tu m’entoures…

Qui d’autre m’offrirait son corps ?

*

Le vieux

 

Le vieux est rassurant,

Robuste qui répète

Que malgré les tempêtes,

Il a passé des ans !…

 

Le vieux fait la promesse

Aux jeunes qui le croient

Qu’avec un peu de foi

L’avenir est leur messe !

 

Demain autant qu’hier !

Tous les jours d’une vie !

Tant que dure le répit

D’une existence à l’air !

 

Comme il est rassurant !

Puisqu’il a survécu,

Combattu et vaincu

Des ennemis plus grands !

 

Ce père, ce grand-père…

Que font tous les enfants…

Quand ils ont eu le temps

D’en aimer sur la terre !

*

En fin de côte

 

Si comme on le dit, tout capote, 

Et si je laisse, usée, vieillotte,

Ma terre se craqueler en mottes

Ou me réfugie dans ma grotte…

 

En garnement qu’on châtie, botte,

Pour avoir inconscient dit…crotte !

Choisi parmi les idées sottes

Le lit d’un loir chez les marmottes…

 

De plus, si je m’abstiens au vote,

Qu’une minorité de Goths

Soûls, repus de tout bien rit, rote,

Les pieds sur la table de l’Hôte…

 

Quand il faudra payer la note,

Tous diront que c’est ma faute !

Que j’ai les jetons, les chocottes !

Et les années passent, j’ergote…

 

A bas mots, mes voisins chuchotent,

J’aurais des manies, des marottes,

Aux paris touché la cagnotte,

Croisé quelques-uns tête haute !…

 

Car dans ma salle d’eau, je sifflote,

En prenant des bains je me frotte

Trop! Ces mesquins parlent, chipotent…

Qu’ils voient Saint-Malo quand il flotte !

 

Ils ne croient pas que je vivote !

Qu’au lieu de dîner je grignote !…

Si mon Dieu! le monde entier saute,

Qui me passera les menottes ?

 

Entre parents niais et bons potes,

Enclins aux manières idiotes

Tête de bois ou de linotte

Les enfants n’auront pas de dot.

*

Les temps…

 

Le temps qu’il fait, le temps qui passe…

Ce que l’un crée, l’autre l’efface !

 

Au soleil, un jardin s’éveille…

L’automne revient, le balaye !

 

Une nuit aux soins du bonheur !

Un été… Rien que quelques heures !

 

Des lendemains dans le brouillard…

La neige teint les cheveux noirs…

 

Une chanson tient dans le vent…

S’élève…et s’éteint doucement !

 

Un beau jour enfin, la pluie tombe !

En un éclair…Des trains de bombes !

 

Qu’il gèle bien en Février…

Des fruits en Juin plein les paniers !

 

Le temps qu’il fait, le temps qui passe…

Ce que l’un crée, l’autre le chasse !

*

Laissons

 

Laissons frères et sœurs ! courir après l’argent

Dans le temps qui leur reste avidement les gens !

Éhontés les voleurs, menteurs et divergents !

Sous le regard céleste du juge intransigeant…

 

Laissons ouverts nos cœurs à l’amour, à la paix !

Que notre intelligence ne vienne mettre au frais

La vie, ce doux bonheur qui parfois nous effraie,

Ou la désespérance nous conduire à l’excès !

 

Laissons passer les heures de peines et d’embarras !

Car la dite promesse pour nous de jours meilleurs

Oui! Que nul ne se leurre se réalisera !         

Sans tarder, sans finesses à tenir pour ailleurs !

 

Laissons trompeurs, moqueurs…tous cracher dans leur soupe !

Dieu ordonner Jésus, qu’il rassemble sa troupe !

Et les méchants seigneurs aussi qui se regroupent,

Boiront l’amère ciguë jusqu’au fond de la coupe !

*

Mais

 

Il y aura toujours un…mais

Pour ceux qui le décideront !

Pour ne jamais tirer un trait,

Et trouver des tords aux raisons…

 

Parce qu’il y a toujours eu c’est vrai,

Des fissures dans les bouchons,

Sous la parure des banquets,

Les méfaits de grands Sauvignon…

 

A les examiner de près,

De succulents mets de poison,

Tant d’épouvantails parfaits

Que de laids en complet veston…

 

Dans les murs les plus épais,

Quelques injections de béton,

Pour que l’amour dure à jamais

Des secrets, beaucoup de pardon…

 

Un bon été pour un mauvais,

Des grains d’ivraie dans la moisson…

Onze long mois pour un seul Mai,

La variété des environs…

 

Au fond du miroir le reflet    

D’un garçonnet dont le crayon

Dessinait ce qu’il deviendrait

Sur son beau cahier de brouillon…

 

Il y aura toujours un mais,

En fait un non d’un autre nom !

Brave, ni poltron ni inquiet

Pour le respect des opinions… 

 

Acceptons à l’heure du progrès,

Contradictions jusqu’à l’affront,

Négociations avant décret,

Un projet ? Plusieurs solutions…

*

Il y aura selon nos souhaits

Toujours partout un mais sinon:

Des bâtons voire des pistolets

Au bout de folles résolutions !

*

L’avènement

 

Je garde enfouis mes sentiments,

En tous temps égal aux grands maîtres,

Restant de bois devant les gens,

Je ne fais ainsi que paraître !

 

Si je sens renaître une flamme,

Je me tiens plus droit sur ma chaise,

Ferme la fenêtre de l’âme,

Dans un bain froid je noie les braises.

 

Pas de sensiblerie, d’émois,

Non par dépit mais par orgueil,

Même si les plus forts parfois

Me piquent encore le coin de l’œil…

 

Et je ne réponds à personne !

Je ne risquerais pas ma vie

Pour dire à ma porte à qui sonne

Poli, non! ni même merci !

 

Et je ne suis pas seul à tendre

Des mains toujours froides au vent;

Dans l’obscurité à attendre

L’avènement d’événements.

*

Devise

 

Si tu veux être le meilleur,

Quand tes adversaires ont du cœur,

Dis-toi que pour les dépasser,

Il faut d’abord te dépasser !

 

Si tu crois être le premier…

Tous les autres loin, dans le vent,

Il en reste un à rattraper…

C’est ton ombre qui court devant !

 

Un jour, si tu te prends pour Dieu…

Parce que tu surpasses la masse,

Regardes-toi mieux dans la glace,

Car les grands souvent n’y voient qu’eux !

*

photo-galets

http://www.photo-libre.fr

Les galets ronds

Prudents de n’avoir pas éclos,

Longtemps polis par les rouleaux,

De l’eau rechignent en silence

Les galets ronds à l’existence…

 

Sur la grève où sonne le pas,

L’écho des bas-fonds en éclats

Y résonne mais ne renvoie

Jamais que le bruit de nos voix !

 

Tout ce qu’il diraient, ce qu’ils savent,

Des courants, muettes épaves !

Qui jonchent désormais la rive

Avant que l’océan n’arrive !

 

L’heure en blanchit à marée basse

De sel fin leur carapace 

A l’intérieur de laquelle dors

L’être malin qui feint la mort !…

 

Aurait-il un jour entrouvert

Une paupière lourde, de pierre,

Sur l’éternité de nos maux !…

Qu’il l’eut refermée aussitôt !

 

Eux, délicatement posés,

Comme des œufs dans un panier

Que le soleil ardent accable,

Très vieux, repartiront en sable !

*

Les baigneuses

 

L’été quand dorment les baigneuses,

Ravissantes au bord de l’eau, 

Montrant allongées sur le dos

Aux gens leurs formes généreuses…

 

Voilà qu’une goutte ingénue,

En travers d’un mamelon rond,

Taille sa route d’un frisson

Dans la chair du bouton pointu !…

 

L’été quand dorment les baigneuses,

Bien innocentes sans le haut !         

Sous les bacchantes des badauds,

Le corps moulé comme des gueuses…  

 

Voilà qu’une goutte…puis deux !

Glissent là, juste vers l’endroit…

Remplir l’auguste et seul creux   

Du ventre tout étendu, plat !…

 

L’été quand dorment les baigneuses,

Flavescentes, halées de peau,

Exposant au soleil plus chaud

Presque nues leurs normes gracieuses !

 

Voilà que pour à peine trois gouttes !

D’une après-midi orageuse,

La plage est pleine de baigneuses

Qui s’enfuient toutes en déroute !

*

L’atlante

 

Depuis toujours, en grand Atlante,

Vers sa Bretagne bien-aimée,

Bran vient à marée montante

Lui faire l’amour, repart à gué !

 

Avant de reprendre le large,

D’autres continents convoités…

A cette terre rend l’hommage

Deux fois par jour renouvelé !

 

Qui ne sait les frémissements,

Les frissons de son corps hâté,

Offert aux caresses des vents,

Qui sent bon le port, la jetée !…

 

Enfin massif, s’élevant

Devant les récifs côtiers,

Il tend au ciel son cou puissant,

Et fond sur elle pour l’embrasser !

 

Ah! ces longs élans romantiques

Sur le sable blanc de la plage…

Qui vont et viennent dans les criques,

Se déchaînent sur les rivages !…

 

Tantôt il s’étire et recouvre

Écumant un sein de salive,

Au fond des gorges que retrouve

Sa grande langue à la dérive !…

 

 Tantôt se retire et découvre,

Sa couche d’algues mise à nu,

Dont les soupirs à la brise ouvre

La bouche grand à chaque flux !…

 

Plus loin, sur la falaise rousse,

Jeté dans des bras incertains,

Ses baisers d’embruns éclaboussent

Les pentes de l’amante en grains !

 

Alors qu’à l’assaut des navires,

Les plus  fougueux d’entre les flots

Trop tôt sur les coques expirent…

L’amour n’a pas trouvé d’écho.

 

La nuit au sol pleure ce matin

Son chagrin de larmes légères,

Rosée obole du matin

Pour les marins bretons si fiers !

 

Tout tant agresse, blesse,

Ou caresse concurremment !

Ces gens qui, de même noblesse

Ont l’océan des sentiments !

*

Averse

 

Tues les cigales…les grillons…

Seuls des chiens au loin reprennent         

D’ancestrales lamentations,

Traînants contraints au train leur chaîne…

 

Un veau devant un barbelé

Se regarde sans expression…

Brusquement se met à meugler !

Et file aussitôt sans raison !…

 

Quand une averse de grêlons

Soudain carillonne l’automne !

Mieux qu’une herse à sa façon

Comme personne, elle façonne…

 

Les champs dénudés de melons

Roux comme des jambons de Bayonne

Où l’eau coule en profonds sillons

Vers les fossés qui environnent…

 

Embrumé d’évaporation,

Ce soir reverra débonnaires,

Se croiser là le hanneton

Un scarabée ou le contraire…

*

Lime et lame ( les chromes aux hommes)

 

Où l’homme opprime

Femme sa lame

Déprime ta lime

Quand pomme entame !

 

La lame mime

Une gomme en flammes…

Dame qui trime

S’escrime mais dame !

 

La lime se grime,

Gramme après gramme…

Drame s’abîme !

Le crime trame…

     

La lame frime,

La lime se pâme !…

Réclame estime,

Rimes et gammes…

 

Chrome sublime !

Bellissime âme !

Que lame brime,

Infâme blâme !

 

Mais sans sa lime

De même la lame,

L’aimant aux cimes

Paumée brame !

 

En somme intimes

Comme quidam !

Lime et lame

Consomment…crament !

*

Le célibat

 

Le solitaire d’un «certain âge»

N’entend courir que des…ragots,

Des commentaires, des bavardages,

Que font les commères sur son dos !

 

Même s’il soigne son image,

Et qu’il abolit son ego !…

Car le temps confère l’avantage

De mûrir à ce qu’aimer vaut !

 

Comme un épi de blé sauvage,

Qu’un vent sème loin du ruisseau,

De la seule pluie des nuages

Peut quand même s’élever haut !

 

D’une graine en amont…volage,

Brut mais fier, droit, plus costaud !…

Préfère l’air du voyage,

Papillonner par monts et vaux !

 

Il ne craint ainsi pas l’orage

Ni la déferlante des flots,

Quand pour une fente au mariage,

Le barrage rompt, vomit l’eau !…

 

Les traces longtemps d’un naufrage

Lorsqu’en descendant les canots,

N’y prend place que l’équipage,

L’enfant resté dans le bateau !…

 

Lui, va, marche, court, vole ou nage…

Le célibataire s’il le faut !

Volontaire, plein de courage

Pour trouver un jour le repos !

 

Il ne loge pas sept otages,

Enracinés ferme à leur pot,

Au sommet d’un dixième étage,

Empoisonnés dans son terreau !

 

Sans jamais savoir, sot ou sage…

Libre du poids de ces fardeaux,

Où le mènera sans dommage

Le bagage qui lui fait défaut !

 

Le célibataire envisage

Des paysages sans fléau

Qu’à travers son apprentissage

Il en partage à terme un beau !

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6 réflexions sur “L’un dans l’autre

  1. L’on dirait plusieurs articles compris dans un… Si vous faisiez un  »ajout » d’article à chaque fois… la lecture serait plus facile ainsi, nous pourrions plus facilement inscrire un commentaire pour chacun d’eux. 😉

    Belle journée

    J'aime

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