Inspiration

L’inspiration

 

C’est lorsque la nuit trace à la vie ses frontières,

Qu’estourbis dans leur coin, les perclus récupèrent…

Que je pars à la chasse, mon âme vagabonde…

Traquer jusqu’au matin les grâces de ce monde !

 

Oh ! Peut-être demain rira t’on de ma peine !…

En me disant encore que j’ai mauvaise haleine !

Ou rencontré quelqu’un…étant donné mon air !…

Si ce n’est pas la mort…au moins son courant d’air !

 

Que savent-ils ces gens d’un rêve au clair de Lune ?

Retrouver leurs racines après des infortunes ?…

Ou goûter un moment, savourer le silence ? 

Dans lequel tout termine, mais aussi recommence !

 

Qu’importent les faux rires de ceux qui s’en effrayent !

A bas la platitude des pâtures au soleil!

Le soir, je vais nourrir, comme Érato l’habile…

Les sombres solitudes d’écriture…et de style !

*

Poètes à jamais

 

Je suis jaloux de vous,

Poètes à jamais !

Qui faîtes rougir ma joue

D’un revers de couplet !

 

Tellement naturel

A votre lyre en verve

Le chant, la ritournelle…

Que moi vous lire, m’énerve !

 

Et j’en tente pourtant,

Insolent, un pastiche,

Recherchant dans le vent

Un vers, un hémistiche !…

 

Mais pourrai-je aussi plaire ?

A mon tour émérite,

Mon dessein satisfaire,

Prendre soin de vos rites ?

 

Et que je n’ai plus crainte,

Devant vos pieds d’airain,

D’en prendre au nez une quinte

De doigts comptant demain !

 

Si je vous arrivais

Seulement au mollet !

L’agrément suffirait

A de doux virelais !

*

Extase

Qui jamais rien de beau n’écrit,

Déprécie le fougueux désir

De l’amoureux pour sa jolie…

Poésie, qui sait le lui dire !

 

Qui ne veut ou ne peut écrire,

En tout  ignore le dur labeur

Du plus valeureux qui transpire

Sur la belle encore à venir !

 

Il mésestime le plaisir,

Et ne connaîtra pas l’extase

Des rimes jusqu’à retenir

La salve de l’ultime phrase !

 

Quand tous les  mots, points et virgules,

Parfaitement bien s’articulent,

Des tréfonds de ses testicules

Au bout du crayon s’éjaculent !

 

Et lorsque la tension s’affaisse,

Qu’elle gît, assouvie devant l’homme,

Combien de millions de maîtresses

L’attendent dans leur lit de gomme !

*

Cocktail

Après l’ondée, une éclaircie,

Revient au pied de l’arc-en-ciel,

Offrir à boire mille cocktails

Dans des océans d’eau de pluie.

.

Après l’averse, le soleil,

Reverse un bon doigt de lumière

Sur nos têtes, à travers nos verres…

Qui nous en promet…des bouteilles !…

.

Alors l’artiste à sa fenêtre,

Sitôt cède à la tentation !…

Et d’un plongeon dans l’horizon,

En ressort un tableau de maître !

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*

Où j’erre

 

Parce que rêveur, en d’autres sphères,

J’avais le cœur ailleurs qu’à faire,

Les gens m’enterrent trois pieds sous terre,

Dans un désert de cimetière ?

 

Ou me noie, pierre, sans lumière,

Au fond d’une mer étrangère ?

Plus solitaire ainsi qu’une ancre,

Ma vie entière rouillée dans l’encre ?

 

Ou m’incinère, fine poussière

D’une étagère littéraire,

En cendres chères, ma tendre chair !

Légère à l’air de l’univers ?

*

Parler

 

J’ai dû crier fort en entrant

Pour que mes parents me remarquent

Devrai-je me taire en sortant,

Presque aussi vaillant que Saint-Marc ?

 

Quand durant, j’ai pris la parole,

Des plus drôles me l’ont coupée,

Alors j’ai menti dès l’école,

Parce qu’au fond, j’en avais manqué !

 

En explosant j’ai fait du vent,

Soufflé des paquets de sottises,

Mécontent en me dégonflant,

Sous les claques autant que les bises !

 

Même à rugir à qui mieux-mieux,

Je n’obtiens que des peccadilles,

Pour en convertir, combien  Dieu,

Devrai-je sucer de pastilles ?

 

J’ai bien parlé pour ne rien dire,

Pris la mouche pour des bêtises

Enfin, fatigué de vomir…

Fermé la bouche de ma valise !

 

Depuis je manie l’ironie,

Je fignole la gaudriole,

Et j’attends le lot de ma vie,

Je feins, je nie, je joue mon rôle

*

 Tour du monde

 

     Certains hommes prospères vivent dans la lumière,

   On les dit «éclairés» car ils construisent leur vie

   D’une bonne manière, dirigent leurs affaires,

   Avec pugnacité…et les nôtres aussi !…

 

                 Ils n’ouvrent guère leur porte, du moins aux inconnus…

Afin qu’on ne voit pas leur coin de paradis !

Le Diable les emportent, un jour où cet intrus,  

Ce banquier rentrera ! il est partout chez lui !…

 

D’autres marchent dans l’ombre des nuits sans lendemains,

Le noir au désespoir, après cent tours du monde,

Ils ont la mine sombre connaissant leur destin…

Comme il est triste à voir que la terre est bien ronde !

 

Vous les connaissez donc ! Leurs tourments, leurs chagrins !

Eux, portent sur le dos le poids d’un tel bât !

Savent mieux que quiconque ayant fait du chemin,

Dégringolé des cols, que la terre n’est pas plate.

 

Les derniers dont je suis, marchent dans le brouillard…

Ils avancent à tâtons, guettant une éclaircie…

Comme après une averse, s’il vient ce moment rare,

Lumineux d’un rayon…que le corps apprécie…

 

La chair ravivée, fouettée du coup cinglant

Qui traverse d’un trait tant le cœur que l’esprit,  

Pour aller se ficher en un mot de talent !

Mais qui dure à jamais, le reste aux incompris !

*

Les rimailleurs

 

Cherchez ailleurs…les rimailleurs,

La vie rêvée, le paradis !

D’autres contrées, vertes prairies !

A l’intérieur de votre cœur…

 

L’amour est la clé du bonheur… 

Ici, la fleur s’offre à l’outil,

L’arbre à l’assiduité des scies

Comme aux faveurs des sécateurs !…

 

Qu’un oiseau pépie son bonheur,

Quelle valeur a son gazouillis ?

Qu’un ruisseau pleure, son gargouillis

Dans le lit d’un caniveau meurt !

 

Le vent se donne aux ferrailleurs !

Leurs moteurs, leurs carrosseries,    

A point d’heure chantent «Bonne nuit !»  

En empoisonnant les dormeurs !

 

Dans l’intimité de vos cœurs…

Où les plus jolies poésies

Pour une autre vie diront oui

A des propositions meilleures !

*

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*

Le sourire

 

Le plus beau d’entre les sourires,

Qui vient ouvrir, hôte du cœur !

Sa porte à l’interlocuteur,

N’est pas loin s’en faut un sous rire !…

 

Aimable, il vous étend sa natte,

Et vous incite à l’abandon…

Sa longue lame tranche profond

Dans l’âme que de suite épate !

 

A table, le rire fou jappe !

Comme un diable sort de sa boîte…

Mais pour vous y mettre, à sa droite !

Traître, jaloux, faux sous la nappe !…

 

Le sourire passe en silence…

A chacun de ses invités

Reverse une tasse de thé

Au parfum de reconnaissance…

 

Le rire se gausse, fait le beau !

Boit et dévore à pleine gorge

La chair et l’os puis…les dégorge !

Sourire alors…mou rire plutôt ?

 

Pourtant se voit, même fugace,

Sur les joues de ceux qui s’engagent

A s’enjoliver le visage,

En un baiser laissant sa trace !…

 

Qui devant ce grand séducteur

Quand des lèvres roses se fendent,

N’y pose sans qu’on lui demande…

Un pansement avec ferveur ?…

 

Tandis que le rire dégringole

Les épaules sur les guibolles !

Drôle ou grivois de vieille Gaule !

Tombe en éclats dans la rigole ! …

 

Lui, le sourire, mieux qu’un gai rire,

Sait recevoir et sait offrir !…

Tant par devoir que par plaisir,

Bien que contagieux peut guérir !

*

Je me dis…

 

Devant l’œuvre d’un site,

Vestige d’autrefois

Condamné au prurit

D’une implacable loi:

 

A l’époque construite

A la force du bras…

Ferait-on mieux, plus vite,

Aujourd’hui sans la foi ?

 

Tout de pierre, de granit…

Un vrai palais de roi !

Il faudrait qu’on la cite

Cette bâtisse là !

 

De qui fût-elle le gîte ?

Qui y étendit à plat

Pour ses amours sans suite

Ses tapis et ses draps ?

 

Seuls des freux s’y abritent !

Des lièvres et parfois…

Un touriste en visite,

Ressuscite l’endroit…

 

Plus personne ne l’habite…

Et la fonte qui l’abat,

Ceux qui la dynamitent

Ne s’en attristent pas !

 

Des hommes qui l’ont produite,

Aucun d’eux ne la voit

Pulvérisée, détruite,

Car passés au trépas…

                   

Que les suivants profitent !

Du temps que leur octroie

Le soleil au zénith,

Un instant ici bas !…

 

L’éternité nous quitte

Après la vie s’en va…

Vers d’autres réussites,

De plus fameux exploits…

 

Sans gloire, qu’une petite,

Plaque qui y sursoit…

Avec dessus écrite

La date quelquefois…

*

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La neige

 

Dès que  la neige en flocons choit

Sur les toits, qu’un peu s’amoncelle

Dans nos mains bleues gantées de froid,

Les morceaux cotonneux du ciel…

 

Pour les gosses: révélation !

Du bonheur la sainte veste !

Sur la fosse aux lamentations

Où maints pleurent ces jours funestes…

 

Cette chose n’est pas d’ici !

Étrangère, son teint la dénonce,

Elle nous pose des interdits

Plus certains qu’un parterre de ronces !

 

Il ne faut que quelques brassées

Dans la masse au sol étalée

A des marmots pour entasser

En boules la mélasse encrassée !

 

Sans ni les rennes ni la hotte

L’intruse en ville qui fait escale,

Pourrit dans les rues en compote,

Sous le voile vilaine, sale.

*

 

 La nuit du réveillon

 

La nuit du réveillon, le marin ne dit rien

Si quelques confettis sur le pont s’éparpillent !

Et pour tous ces flocons, dans l’eau qui se gaspillent,

Tend les mains devant lui, ravi comme un gamin !

 

Bien qu’il soit seul à bord ! Calme son amertume,

En regardant au loin les lumière qui scintillent !…

Même si le ciel plein lâche ses banderilles,

La marée les dévore baveuse dans l’écume !

 

Le marin ne dit rien car des jours reviendront,

Bientôt, plus longs et chauds au soleil des Antilles …

Le temps, bon matelot, assidûment serpille

Balaye les chagrins, comme les cotillons !

 

Un égout vomit chaud à la mer son alcool ! …

S’élevant aussitôt sa blanche fumerolle, 

Se joint aux papillons qu’elle redresse en vol,

Dans un grand tourbillon de brève farandole !

*

L’amour en poche

Pourvu qu’il nous en reste

Tant les jours l’effilochent,

Au fond de notre veste

Un peu d’amour en poche !

 

En tissu délavé,

Froissé, passé de mode

Où des nez ont pleuré

Dessus à larmes chaudes…

 

En fin papier de ouate

Qu’en cherchant, nos paluches

Dans le noir hâtées tâtent,

Et réduisent en peluches…

 

Même piètre peut-être !…

Plus miteux qu’une peau d’âne !

Quand nos maîtres s’empêtrent

Les mains dans leur soutane !

 

Pourvu qu’il nous en reste

Un carré de mouchoir

Pour la beauté du geste !

Tendu sans le devoir.

*

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Le prêtre

 

Sur le toit le lichen envahissait les tuiles

Chaque année plus épais, toujours plus étendu…

Par dessus tout, la gêne…du vieux clocher sonore, 

Et Dieu n’y résidait, plus qu’un brave dès lors !

 

Car aussitôt qu’au sol, il jetait attristé

Un œil sur l’autel, à travers les vitraux,

Que tous les célicoles descendaient en morceaux…

Éclairer les fidèles…la chaire était hantée !         

 

Si le carillon bien résonnait sans reproche,

Au fond de la vallée, sans cette atténuation…

Des cré nom…ou coquin d’hiver…à l’ascension !

On aurait oublié à quoi servaient les cloches !

 

Mais lui n’avait besoin de rien de plus, le prêtre !

Que de revoir le chœur des paroissiens sourire,

Saint-Prieur à deux mains chez les enfants les pires,

Leurs taches de rousseur qu’ils voudraient disparaître !

 

Alors tous les Dimanche, il ouvrait à dix heures,

La messe par un chant, d’une voix sûre et claire,

Puis sermonnait secouant dans les grands courants d’air

Sans cesse les mêmes branches tordues pour… quelques fleurs !

 

Enfin son sacerdoce vaillamment accompli,  

Il restait discuter, debout sur le parvis,

Avant d’aller prier, seul dans la sacristie,

A genoux sans rehausse, Dieu, la Vierge Marie.

*

L’amour

 

L’amour tout comme une plaie plaît !

Celui qui en saigne l’enseigne !…

Beaucoup le craignent, mais sous son règne,

L’homme le connaît, il en naît !

 

Dans la peine, sa haute penne,

Flotte sur nos vies à l’envi,

Quand bien même trahi, haï,

Traîne un chevalier par les rênes !

 

Quitte à pour elle, voler sans ailes !

Longtemps brasser pour l’embrasser !

Sans savoir nager ! même âgé !

Fidèle Jusqu’au bout de chandelle !

 

Car l’Amour, ô combien veut vœux !

Profonds, sincères qui s’insèrent…

A vif dans la chair chère !

De l’ humain qui l’a dans la main.

 

L’amour tu, d’avance est battu !

A se taire va s’enterrer !

Bien qu’avoué souvent voué

Au foutu qui tout autant tue !

 

L’amour tout comme une plaie plaît !

Celui qui en saigne l’enseigne !…

Beaucoup le craignent, mais sous son règne,

L’homme le connaît, il en naît !

*

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Promise

 

Tu peux sur Dieu, l’amour…

Oser mille questions

Sans connaître Éloïse !

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Devant la tour de Pise…

«Proser» candidature

La place déjà prise…

T’imposer des blessures,

Pour que tu t’immunises…

Encore opposer plein

A des choses omises…

Gloser toujours sans fin

Des tas de pages grises…

Tu peux même composer,

Sauf avec des commises…

Parfois reposer bien

Dans de simples remises…

Déposer ton fardeau

Sur l’épaule démise…

Mais tu ne peux à d’autres

Leur proposer ta main !…

Car tu me l’as promise !

*

Contre toi

 

Contre toi

Tous les jours,

Dans les bois

Que je cours…

 

Contre toi

Dans ma tour,

A ta voix

Parfois sourd…

 

Contre toi

Les pieds lourds,

Mes faux pas,

Mes discours…

 

Contre toi

Au secours

De qui n’a

De recours…

 

Contre toi

Mais j’ accours !

Dans la joie

Qui t’entoure !

 

Contre toi

Je savoure

Le plein choix

D’être pour…

 

Contre toi

Mon amour,

Dans tes bras

Pour toujours !

*

Week-end

 

Qu’il pleuve aujourd’hui Samedi,

De la même pluie qu’un Lundi…

Alors, elle reste dans son lit,

Et dort, la bouille d’argent gris.

 

Mais qu’un doigt de soleil effleure

Ses draps, réchauffe l’intérieur…

Et la voilà changée d’humeur !

Toute revigorée d’ardeur !

 

Qui dit bonjour à la vie, court,

Comme une brise autour d’un four,

Caracole, assoiffée d’amour…

Sa chicorée vole alentour !

 

Vêtue simplement d’un tissu

Qu’elle porte nue dessous, dessus,

Une robe d’été conçue,

Pour qu’à sa vue les autres suent !…

 

Mais balivernes ! l’hiver hiberne !

N’éclairant, la vieille baderne !

Qu’à grand-peine, terne lanterne,

La plaine entière tachée de cernes !

*

Après elle

 

Elle sent des parfums, des fragrances…

Qui vous épanouissent les sens !

Moi les fumets de l’existence

Qui vous évanouissent par chance !

 

Du bon goût au port des parures,

L’or encore à la chevelure…

Alors que je n’ai plus mature,

Un mâtereau pour la voilure !

 

La voix claire en pinçons de harpe !

Même le nez dans son écharpe…

Moi de crier à qui m’écharpe

Les supplications de la carpe !

 

Elle a du style, de l’élégance !

La démarche assurée, prestance !

Moi de l’allure mais sans présence,

Quand je file de toute urgence…

 

Une taille fine de biche

A jeûner ou déjeuner chiche !

Elle cuisine…je mange riche,

Pour ne pas engraisser des miches !

 

En tous lieux tous genres, elle brille !

Où je ne touche pas ma bille…

Et dans les jeux de grande fille,

Je me couche et…je me rhabille !

 

Dans l’obscurité du paddock,

Elle me fait croire qu’elle suffoque…

Elle se dévêt, je me défroque…

Ma fermeture éclair se bloque !

 

Je ne sais pas où sont cachées

En elle les sombres années,

Les belles, qui n’ont pas laissées…

D’ombres sur son identité !

 

Parfaite d’esprit et d’atours !

Moi, toujours fidèle en amour

Je reste tel qu’au premier jour:

Après elle, je cours, je cours !…

*

Errements

 

Ma chair adorée, mon épouse…

J’aimerai te faire ce plaisir

D’oublier d’entre les jalouses

Celles dont l’air parfois m’attirent !   

 

Oui ! Ma tendre mal pétrie !

Quand la nuit endormi, j’étreins

Dans mes mains d’autres seins jolis

Sans avoir pris plus tôt les tiens…

 

Mais à toi mon amour entier !

Plus belle à mes yeux qu’une telle,

Après de nombreuses années

Je resterai toujours fidèle !

 

Toi qui me pardonnes d’errer

Quand nos corps dorment imbriqués,

Qui me donnes pour me combler

Toutes tes formes volontiers !

*

Ma femme

 

Ma femme est le sujet,

D’abord !

Que fermés les volets

J’explore ! …

Véritable palais

D’Angkor !

Ma demeure, mon parfait

Confort.

C’est à partir de Mai,

Qu’elle sort !

Mon beau cabriolet

Dehors !

Qu’au soleil elle se plaît,

Qu’elle dore…

Ah! Si je vous disais,

Alors !

Qu’aussi elle connaît

Un sport !…

Mais il est des secrets,

Pléthore !

Qu’à dire les hommes vrais, 

Abhorrent…

Je l’habite à jamais,

La mort…

Seulement me prendrait

Son corps !

Tant je l’aime en effet,

Si fort !

Autant d’années après

Encore !

Où qu’elle veuille je vais,

A bord,

De ce navire à quai,

Au port…

Un tel havre de paix,

Trésor !

A l’hôtel complet

Du Nord…

De briques, de galets,

Et d’or!

Dont je suis et valet…

Et Lord !

*

A mots choisis

 

Écrit, le mot

Vaut réfléchi,

Choisi, le prix  

D’un beau cadeau !

 

Petit ou gros,

Bien la parole

Perle, babiole, 

Joyau d’argot !

                                                        

Quand le mot dit

Qui vite vole

Au dos d’Éole

File et s’oublie !

 

Lui va profond,

Discret, muet,

Dans le secret

De son bon ton !…

 

Sur un papier,

Le plus joli

Pour les amis

Enveloppé !

 

Et rien n’efface

Jamais la grâce

Des longues passes

Que la main trace

 

Tant même il presse,

Pour ceux qu’il aime,

Tout son flegme

Jusqu’à la presse !  

 

Enfin se donne,

Intellectuel,  

Tel aux unstels

Qui le ânonnent !

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*

La danseuse

 

Sur un rythme conforme à la musique, ondoie,

Comme une plume au vent délicat de la brise,

La danseuse, dont les lents ronds de jambe et de bras     

Donnent à toutes ses formes autant de grâce exquise…

 

A chaque pas de danse, envolée, pirouette,

Ses boucles blondes fluent de sa tresse en couronne;

Quand vers des inconnus, elle penche un peu la tête,

Ses yeux pleins d’âme, en transe, ne regardent personne…

 

Sa joue vient s’amortir sur ses deux mains qui prient…

Toute en pointe, légère, comme tirée par des fils…

Une jambe à l’équerre, le pied bien arrondi,

Elle tient !…et sans faiblir ! l’équilibre subtil…

 

Puis quelques entrechats, une fente profonde,

En dévoile une plus…secrète en son tutu…

Dont des naïades nues, juste émergées de l’onde,

Devant nos yeux pantois ne seraient pas vêtues !

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*

Et parce que la femme et l’amour reste à jamais les meilleures sources de l’inspiration universelle:

Le soleil éphémère

 

Comme le soleil sera demain

Ici, ou parti loin ailleurs !  

Voilà pourquoi paye l’humain,

Sa vie le prix du voyageur !

 

Quelqu’un le hait-il et le fuit,

Au contraire le prie, l’encense ?

Fier, il disparaît dans la nuit

Qui nous raccourcit l’existence !

 

Éternelle remise en cause,

Pour toujours du matin au soir

Tourner autour des mêmes choses,

Dire bonjour puis au revoir…

 

Quand on parie sur son absence

Dans le ciel souvent couvert,

Lui vient, contrarie toutes sciences

Des plus belles aurores d’hivers…

 

Il rhabille même au printemps

Tout l’environnement morose…

Qui brille alors de mille pans,

La pause un instant prend la pose !

 

Il serait un vrai compagnon,

Beau, plutôt doux, inoffensif,

Si sur la peau nous ne sentions

Dès Mai la douleur de sa gifle !

 

Mendiant de ses bonnes faveurs,

Dans un répit d’heure et de temps,

S’abandonne le spectateur

Au perfide rayonnement.

*

Printemps tardif

 

Printemps, mon ami ! Je t’attends !

Comme un bourgmestre à son balcon

Qui voit défiler les saisons

En chef d’orchestre impuissant…

 

J’aurais voulu t’accompagner !

La chanterelle à ma bretelle,

Clamer les vertus des pucelles

D’entre les belles rencontrées !

 

Parader, danser à Saint-Jean !

Autour des arbres reteintés,

Célébrer l’hiver en allé,

Le retour d’un Dieu complaisant !…

 

Tu joues de tous les instruments !…

Cordes, percussions et trompettes !…

Mais tes joues gonflées de tempête

Tordent nos cuivres rutilants !

 

Nous aurions pu lancer des roses,

Des confettis dans les étoiles !…

Plus de flocons que de pétales

Sur un tapis blanc se déposent !…

 

Et ta fanfare, et son cortège,

Cette année n’ont encore tracé,

Qu’un fin trottoir en pointillés

A pas trop légers dans la neige !

*

Bonne tenue

 

Les jours de canicule,

Quand ta boule me brûle

Et que tu me consumes

A travers mon costume !

 

Je pense aux exécrables

Où pluies interminables

En  milliers de pustules

Sur mon dos s’accumulent !

 

Aux plaisirs contrariés

De voir les jours fériés

Des manteaux embrumés

Couvrir l’éternité !…

 

Je t’en supplie l’hiver

Pour que tu chauffes l’air

Jusqu’à mon pull-over :

Ma ferveur toute entière !

 

Et gardes les Dimanche !

Pour une simple tranche

Même moutarde, blanche…

Moi, je t’offre mes hanches !

 

Car si tu ne scintilles

Plus qu’une étoile en vrille,

Frileux tel une fille,

Dieu ! De quoi je m’habille ?

*

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Illustration: www.freellium.wordpress.com

*

Une idée

 

L’idée m’a traversé la tête,

En un éclair si vite…

Que j’ai craint tout de suite

Le vent, la grêle, la tempête !…

 

Je ne l’ai pas suivie !

 

L’idée m’a traversé l’esprit,

En un instant, pareille

Au rayon du soleil

Irradiant la prairie !

 

Car je l’avais suivie…

 

Une nuit sans sommeil

Où je cherchais la manne…

Dès l’idée rentrée dans le crâne,

Je m’étais bouché les oreilles.

*

Les bonbons

 

Sur le trottoir, trois gosses se marrent

Préméditant quelque bêtise,

En mâchouillant des friandises

Chapardées sûrement quelque part…

 

Quand passe pressé un piéton…

Son pied dérape sur le goudron…

…Il reste étendu les yeux ronds

Sans plus articuler un nom !

 

«Il va recracher un bouchon !»,

Pensent les consorts qui l’entourent…

Mais lui n’est pas disposé pour

Et rien n’en sort, pas même un son !

 

Témoin le patron de son bar

A prévenu la «tutetue»…

Peine perdue, l’homme est têtu !

On l’emmène sur un brancard…

 

Les trois lascars alors s’en vont,

La tête basse, et sans parler,

Honteux d’avoir pour s’amuser,

Jouer aux billes avec des bonbons.

*

Beauté bottée

 

Une beauté bottée

Jusqu’en haut des genoux

Descendait l’avenue…

 

Avec en plus dessus,

C’est vrai quelques atouts,

Dont pas un raboté…

 

Cette chatte coiffée

D’une toque à poil roux,

Remontait l’avenue…

 

Tous les hommes croisés,

La reluquaient partout,

Comme pour la coter nue !

 

Mais pas un d’entre eux n’eut,

L’audace de l’accoster !

Et sans tourner le cou,

 

Cette grâce gantée

Du galant rendez-vous,

Arpentait l’avenue.

*

Salaire d’air

 

Hagard et sans égards

De gare en gare il erre,

Toutes ses tares à l’air,

Au hasard d’avatars.

 

Il a de ces regards

Méchants qui vous atterrent!

Et de sa part un glaire

Vert à terre n’est pas rare !

 

Il revient de la guerre !

Aguerri des bagarres,

Mais groggy, sans la gloire

Qu’obtient le légionnaire.

 

Ce grognard si peu fier,

De manière péremptoire

Dans les bars a dit « Barres ! »

A la terre toute entière.

 

Gare à celui qui part

Pour un salaire d’ai r!

S’il s’égare il n’acquiert

Qu’un sale air de soudard !

*

Robe d’opprobre

 

Si l’un te veut l’aumône,

Tiens la pièce devant toi,

Au nom de ta personne

A qui cet homme doit !

 

Dis-lui bien qu’il hésite !

Car elle le prostitue,

Mais qu’il voie son mérite,

Il se peut qu’il soit tu !

 

Mais s’il la prend pour boire

En montrant ton opprobre…

Qu’il fasse le trottoir

Vêtu d’habits moins sobres !

*

Amusette

 

Premières notes…Le gars dénote…

Rate l’intro puis chante faux…

Bravo ! Jetez lui en bras hauts,

Des tomates à sa redingote !…

 

Voyons ! Son genre est à faire peur !

Ses trémolos et ses violons

N’ont pour les sanglots de raison

A moins que ce garçon ne meurt !

 

Aurait-il une rêche plume

Dans son costume qui le chatouille ?

Un rhume excuse, oui !…Pas qu’il mouille

Toutes les mèches qu’il allume !

 

Venez mes amis, qu’on s’en aille,

Loin d’ici, comme de Sodome !

Si quelqu’un lui serrait la paume,

On entendrait «l’Homme» dire «Aille !»…

 

Mais tous applaudissent à la fin

Ce musicastre d’amusette,

Qui pousse encore le vice et jette…

Un désastre de baisers feints !

*

Délicatesse

 

Dans un an jour pour jour

J’aurai mes dix huit ans !

Reparlez-moi d’amour,

Ce sera le moment !

 

Vous me serrez le bras

Et me faîtes du pied…

Mais je n’aime encore pas…

Ni casse ni croche-pieds !

 

Car c’est si compliqué

Parmi les prétendants

Qui se sont déclarés

D’en choisir un charmant !

 

Mais un cœur de mineur

Si vous le lui preniez,

De battre à cent à l’heure

Il pourrait s’arrêter !

 

Un an quoi ! Soyez sage !

Vous pourrez faire le beau

Si j’ai de votre hommage

Accepter les défauts…

 

J’ai bien lu dans votre œil

Dont vous me dévorez,

Que de manger la feuille

Ne peut vous effrayer !

 

Si vous vous contentiez

Pour juste y prendre goût,

De me la mordiller

Et d’en prendre le coup !

 

Une fleur promptement

Que vous effeuilleriez,

Jamais du pot au champ

Ne pourrait plus passer !

 

Un an, soyez patient !

A flirter, à rêver…

A m’offrir des présents

Contre quelques baisers…

 

Mais mon plus beau bijou,

Si vous me le voliez,

Comment voudriez-vous

Demain m’en honorer ?

*

Le Saint-Esprit

 

«Au nom du Père, du fils…»

Le Saint-Esprit s’immisce:

«Appelles-moi Patron !»

« Bien ! mais…qui es-tu donc ?»

Alors curieux lui dis-je…

«…Pour qu’ainsi tu m’obliges ?»…

«Être de quel abysse ?…

A pelisse…à peau lisse ?»…

A ma vaine question,

Seul «Amen» répond !

*

Vie sans vices

 

Depuis que je suis né,

Je goûte les délices

D’une vie sans le vice…

Je me fais oublier !

 

Car à vivre en secret,

Je ne prends pas de coups !

Même invité partout,

Je ne viendrais jamais !

 

Mais plusieurs ont tenté

Méprisant mon honneur,

De m’arracher le cœur

Pour se l’approprier !…

 

D’autres n’ont pas daigné

Partageant mon bonheur,

Peut-être imbus du leur,

Sur le mien se plier…

                              

Ou bien n’ont pas osé

En voyant ma fortune…

Par pudeur ou rancune

Simplement se pencher…

 

Vous croyez que je bluffe,

Quand je dis qu’il vaut mieux

Ne pas être amoureux,

Ou que je philosophe ?…

 

Car personne n’est venu

Ignorant mes faveurs,

En partager les heures

De plaisirs contenus…

 

Sans doute, d’un clavier…

Devrai-je alors…demain,

Pianoter à quelqu’un

Quelques mots…d’amitié ?

*

En mer de…

 

Ô Mer de mâts trop clairsemée!

Tu m’éparpilles en fines gouttes

Dès qu’écoutilles refermées,

L’ancre est levée, en avant toutes !…

 

Comme il fait frais te respirer !

Froid ! Quand dans l’assaut, sous les chocs,

Les flots projettent déchaînés

Leurs masses d’eau contre la coque !…

 

Au-dessous tes abîmes rodent…

Je viens pour sonder mes raisons…

Sans trouver rime plus commode

Que de fixer loin l’horizon…

*

Le chat

 

Dix neuf heures ont carillonné !

Il est temps d’entrer sans remords

A l’intérieur de l’atelier,

En jeter l’ouvrier dehors !

 

Le feu s’y ralentit déjà…

D’un bond par dessus les fumées,

Vers un sûr abri le chat va

A la lucarne se poster…

 

Le jour déclinera bientôt…

Mais on voit encore à travers

Le verre fendillé du carreau,

Scintiller ses petits yeux verts !

 

Il scrute avec tant d’insistance,

Qu’il a dû voir une grenouille

D’un mâle lent fuir l’engeance

Dans la mâchoire d’une gargouille !

 

Ce faraud qui ne s’émeut pas

Des grossièretés de l’artisan

Plus tôt ébouillanté au bras !…

Mais qu’un regain de feu surprend !

 

La fatigue saoule le forgeron,

Mais il secoue pourtant la flamme…

Qui recoule entre les charbons

Et rougit le fer qu’il entame…

 

Le soufflet s’épuise et l’enclume…

Tend à s’aimanter au marteau…

Les coups s’amenuisent, rallument

Les clartés des derniers assauts…

 

Il ôte enfin son tablier,

Le range au placard sans façons,

Le chat va pouvoir commencer

Nez au terrain son inspection…

 

Tout est en ordre pour la nuit !

Tant que ces lieux lui appartiennent,

Il veille ! depuis l’établi,

Prêt à griffer, mordre qui vienne !

*

La mouche

 

D’on ne sait quelle crotte,

Sortie de quelles chiottes ?

Vous tombe dessus, trotte…

Une mouche, l’idiote !

                                         

D’où vient cette bestiole

Effrontée qui suçote,

Tournicote, asticote…

Au fond de toute piaule ?

 

Toujours, sans aucun doute…

De celle du voisin !

Petit être malin

Que lui, rien ne dégoûte !

 

Évidente présence

En des lieux empestés,

Qu’une trompe à flairer

D’invisibles substances !

 

Mais chez soi, que l’on sache,

Tout est propre et soigné !

Alors qu’il faut l’avouer…

Tel autre…se relâche !

 

Limite suicidaire

Cette petite sotte !

Fièrement qui se frotte

Aux viandes sans quenottes !

 

Pourtant on s’attendrit !

De voir en la convive,

Certaines perspectives

D’autonomie de vie !…

 

Presque déjà…un pote !

Plutôt…une frangine !

Tellement elle taquine

Sans cesse vous chipote !…

 

Elle parle mais…zozote !

Sentez ses fines pattes !…

Qui chatouillent, qui grattent !…

Celui qu’elle suçote !

 

Que le genou tressaute !…

La belle en un éclair

S’envole, zèbre l’air…

Et recolle à son hôte !

 

 Ou s’en va taquiner…

Qui du nez la griotte,

La râpeuse biscotte,

Carotte d’à côté !…

 

Un voisin moins copain

Alors qu’elle importune…

Sans émotion aucune…

L’écrase entre ses mains !

 

Combien froide est la taule

Que désormais butine

De sa flasque narine

Au sol, l’amie folle !

*

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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