L’air de rien

Quelques pages écrites avec humour et autodérision

L’air de rien

 

De quoi j’ai l’air moi ? L’air de rien ?

Fagoté comme un moins que rien…

De quoi j’ai l’air ? D’un bon à rien ?

Si je ne cherche à plaire en rien ?

.

 Car je respire l’air de rien !

 Et je peux partir comme un rien !…

Vivre d’un rien, ce n’est pas rien

Et même bien pour trois fois rien !..

.

  De quoi j’aurais l’air ? L’air de rien

Endimanché comme si de rien !…

Si vous me demandiez (pour rien !)

De me taire et ne faire rien…

.

 Alors que tant vont, des terriens !

Dits vagabonds, nu-pieds, vauriens…

Avec au fond d’eux, l’air de rien,

Infiniment de… petits riens !

 
 

Zombification Illustration: www.freellium.wordpress.com

Zombification Illustration: www.freellium.wordpress.com

*

Obstiné

 

C’est vrai, je suis un obstiné !

Cela depuis que je suis né,

Ferme établi, enraciné, 

A la comédie destiné !

 

Je n’étais déjà pas l’aîné !

Un tant soi peu discriminé,

Trois frangins à me coltiner,

J’ai dû parfois me mutiner !

 

J’ai bu du lait vitaminé,

Toutes mes couches contaminé… 

Rien n’y fit, hurler, uriner…

De la bouche ou du périnée !

 

Aujourd’hui je peux ruminer,

Sur les maths emmagasinées…

Tout autant aller au ciné

Pour un peu plus m’enquiquiner !

       

Tant d’innocence incriminée,

De génie raffiné ruiné !

Me donnent envie de couiner

Au vieux bon sens assassiné !… 

 

Car j’en ai ouïes des gratinées !

Des crémeuses carabinées

De ceux, nombreux ! qui…devinez…

Depuis ont été nominés !

 

Reparti nez enfariné,

Un moment peiné, chagriné,

J’ai fini par me dominer

Sans plus lambiner, cheminer…

   

Toujours fier de me dandiner,

Je préfère entre amis…dîner,

A l’infini baratiner,

Et refaire le monde aviné…

 

Encore des nuits, des matinées…

Butiner la vie sans peiner,

La taquiner, la câliner…

Dans notre lit ma dulcinée !

 

Avant de me ratatiner,

Sous le poids d’années combinées,

De rendre au champ disséminée…

Mon acidité aminée !

  

Mais n’allez pas imaginer !

Que mort alors, à mariner,

Je ne puisse vous seriner,

A vos portes tambouriner !…

 

Je suis c’est dit un obstiné !

Des plus insoumis in fine,

De l’acquis comme de l’inné

Par la vie durci, buriné.

*

De nature

 

Je suis fatigué de nature…

Épuisé, vidé de naissance !

Les rares jours où je carbure,

J’ai bu pur un bol d’essence !

 

On me reconnaît à l’allure…

En armure lourde, j’avance,

Au pas de la villégiature…

La tête posée sur ma panse…

 

C’est au lit le plus que j’assure…

En permanence cette urgence

Quand autour s’écroulent les murs

De reconstruire ma somnolence !

 

On me dit que j’ai de la chance,

Ou que je fais pâle figure !…

Je réponds…avec tempérance…

Aux mauvais augures: « Qui dort dure »!

 

Et le reste du temps je pense…

Je fais la sieste, je pars en cure…

En attendant pour les vacances,

De profiter d’un repos sûr !

 

Je n’ai pas mauvaise conscience…

Car par mon sommeil j’inaugure…

Le proche futur dont ma science 

Sera l’honorable…luxure !

 

Alors fidèle à ma nature,

Je reste en toutes circonstances…

Même si ma femme m’appelle Arthur,

En réalité, je suis France !

*

Les arts ménagers

 

Chez moi, dans les Arts ménagers,

J’ai l’art de bien me ménager,

N’attrape pas de tendinite,

D’ailleurs plus que de méningite !

 

J’avoue au temps du surmenage

Je romps, je fuis, je déménage…

Voilà c’est dit, je ne ferai

Jamais les bouts ronds aux balais !

 

Allergique au Breeze, à l’harpic,

Même quand pourtant je m’applique,

Rebelle au Paic, à la Javel,

Je brise aussi sec la vaisselle !

 

La lessive et le repassage

Me font suer encore davantage,

Mais moins vite que de penser

Qu’il faut de suite recommencer !

 

Pourquoi s’opposer hystérique

A toute poussière endémique,

Avec un esprit d’ammoniaque

De bonne serpillière maniaque !

 

Car à trop astiquer les murs

Autre… j’irais contre nature,

Revêtu d’un tablier long,

La main travestie d’un chiffon !

*

Sale gueule

 

J’ai d’office mauvaise allure !…

Peut-être un menton de guingois ?…

La cicatrice d’une blessure ?…

Quelque laid bouton qui se voit ?… 

 

L’appendice de Cyrano

Avec les oreilles décollées ?…

Un bec, un malicieux défaut

Que je paye à vous rencontrer ?

 

Les gens m’observent en tapinois !

Se tiennent cois, sur la réserve !…

Parfois en verve osent un…« Ah!…»

Ce qui dans les deux cas m’énerve !

 

Leur diagnostic: contradictoire !…

Impressionnés: « C’est fantastique !»

Sceptiques: « Il faut voir… C’est bizarre !…

Un raté de la génétique ! »…

 

Et l’on m’appelle fréquemment,

Au lieu de me dire « je t’aime ! »,

De noms cruels et méchants…

Pires que ceux de mon baptême !  

 

Dès mon premier jour de travail,

Mon aimable, tendre patron…

M’a dit qu’étant donné ma taille

Pour me pendre il faudrait un pont !

 

Pour même le plus gai  manœuvre,

Tel traitement en longueur,

Le contrarierait dans son œuvre

En entachant sa bonne humeur !…

 

C’est une évidence j’encombre !

Je mets la pagaille, ma présence,

Soit offense, soit fait de l’ombre,

Où que j’aille dans l’existence !

 

Je déforme le décorum…

Nul à ce prix ne veut connaître

Qui n’a pas les normes de l’Homme…

Je culmine à presque…deux mètres !

*

Le roi

 

Oui, mon père je l’admets !

Même proclamé roi,

Je ne serais jamais

Que la moitié de toi…

 

Depuis mes premiers pas

Je me suis vu tomber

Sur le cul bien des fois

Gamelles et fessées…

 

Au début maladroit

A vouloir comparer

Aux tiens mes résultats,

Je me suis ramassé…

                          

Malgré deux longues jambes…

Mais devant toi mon père,

Même debout je semble

Encore ramper par terre !

 

Toi, quand tu ne sais pas,

Sur le tas tu statues !

Moi je reste pantois

Figé dans ma statue…

 

Je pensais, trop petit…

A l’incommensurable !

Aujourd’hui j’ai grandi…

En grimpant sur la table !

 

Sans le moindre profil !…

Pour peindre mon portrait,

Un fin pinceau d’un cil

Et d’un trait suffirait !

 

Et s’il faut à bon règne

Un prénom sans défaut,

Que les siècles n’enseignent

Jamais mon numéro !

         

Au creux de ma couronne,

En majesté royale,

Seul dans mon état trône

Déjà le dernier poil !

 

J’en ai conscience, mon père !

Je n’ai pas hérité

Ta quintessence entière

De  souveraineté !

*

L'amour n'est rien...

L’amour n’est rien… (Photo credit: Wikipedia)

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4 réflexions sur “L’air de rien

  1. ☆ L’air de rien, vôtre flair effleure le bien, et l’humour dans l’amour y sont inversement bien proportionnés. Quant à la physique de votre physique, sachez que le Grand Serge, Gainsbourg rimait d’Amours, et que Gainsbarre au grand dard, usait de sa belle verge autant que de son verbe ! ☆ Et chaque jour je me dis, que les Etoiles et les Galaxies….sont aussi en Vie ☆

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