Ma muse

Le dernier mot


 

Ces temps derniers j’avais très mal aux dents. (J’avais la rage dedans).

Ma femme avait pris rendez-vous pour moi chez le dentiste…

En rentrant hier soir elle m’a demandé :

  • Chéri ! Le dentiste ? Tu n’as pas oublié ?…

C’est vrai que je n’ai pas beaucoup de tête… mais le mal envahissant complètement ce peu que je possède, me faisant si horriblement souffrir… aucun risque que j’oublie !

et ma femme voudrait me la plomber… (la tête) !

  • Han han… J’ai été !

Elle avait vraiment embauché un tueur… j’avais encore la mâchoire endolorie d’un côté et paralysée de l’autre, la langue inerte dans ma bouche, enflée comme une moule pas fraîche…

  • Chéri ! On ne dit pas « j’ai été ! » mais « j’y suis allé !»… Pffff ! Pour quelqu’un qui prétend écrire correctement !…
  • Han han !…

Essayez voir d’argumenter dans mon état ! de lui dire qu’il est plus facile de gémir que de mordre…

De toutes façons j’avais tord… Et alors ! ça ne vous arrive jamais, à vous, d’avoir le raccourci utile, le barbarisme spontané, ou la modestie faussement exhibée pour ne pas paraître le génie que vous êtes en réalité ?

Quinze ans presque que ça dure ! Seule ma mère me connaît !…

Sinon, elle est vraiment parfaite ! ma femme !

Alors pour continuer à lui plaire, ne pas avoir contre elle… une dent, j’ai griffonné sur un papier ce plaidoyer pour ma défense : – L’été vient toujours avant que d’être hâlé… – nul, enfantin, irrécupérable !

Elle a tordu la bouche, secouer la tête en signe de désespoir et, finalement, plissé les yeux, sans rire pour ne pas me donner raison, elle a souri et j’ai compris que j’avais eu, ce soir encore, le dernier mot.

*

Ma muse

*

Pour que tu sois ma muse

Il faut que tu m’amuses…

Mais aussi que tu pleures,

A m’en crever le cœur !

*

Et que tu sois diverse

Un peu comme l’averse

Qui rabat les gaietés

Mais reverdit l’été !

*

Intangible arc en ciel !

Au trait si naturel

Qu’il démêle les couleurs

Des rayons grisailleurs !

*

Les mots que tu chuchotes,

Mon oreille les suçote…

Imbue de leur faveur,

D’outre-hauteurs d’auteur !

*

Qu’en mon âme tu dises

Le bon qui dépayse !

Qu’au fond d’elle j’aille prendre

De tout mon tendre à rendre !

*

La vie que tu fécondes

Aux reins de ma faconde…

A mon amour brouillon,

Que ne concevrions ?

*

La gloire de ta passion

Couronnerait le don !

M’honorerait du mieux

Qu’aucune autre ne peut !

*

En moi d’abord intruse,

Puis tout à fait incluse !

Sans toi je ne serais

Qu’un bureaucratelet !

*

Pat le 31/01/15

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6 réflexions sur “Ma muse

  1. On est toujours surpris d’apprendre combien parmi tous les génies, auteurs, compositeurs, chercheurs… ont laissé leur nom à la postérité pour…des œuvres conçues en commun ou même par quelqu’un d’autre… En ce qui me concerne et toute modestie, je n’invente rien seul, ou si peu…

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  2. Déjà, rien que le petit speech d’introduction : ça donne le ton, c’est bien enlevé, rafraîchissant à souhait !
    Ah oui Pat, j’adore cette façon que tu as de manier les mots à la façon Sanseverino (un chanteur engagé…) ça aurait été parfait pour le 14 février !

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