C’est pour toi que je souffre

                                          Bien souvent mes amis qui me lisez et qui me répondez ! c’est vous qui m’inspirez par vos joies, par vos peines et par la complicité que j’entretiens avec certains d’entre vous… même pour peu mais c’est déjà beaucoup…

A M M:

C’est pour toi que je souffre

*

C’est pour toi que je souffre et lance dans l’aven

Un grappin de mes veines pour que tu t’en saisisses,

Une corde, une chaîne, et que mon cœur te hisse,

Partageant de ton gouffre quelques longueurs de peine…

*

Te sorte de ce trou, ce profond précipice

Où la douleur te jette suppliciée de Tantale

Au fond d’une oubliette à mirer des étoiles

Lointaines et taboues, intouchables hélices !

*

C’est pour toi que j’ai mal, à mesure que tu glisses…

En te sachant combattre chaque nouvelle crise,

Des monstres chimiatres à force qui t’épuisent

Dans les nuits infernales, emmurée des abysses !

*

Et pourtant tu t’accroches à toutes les racines,

Tu remontes des pentes que je croyais abruptes

Au mouchoir de ma poche, dentelles et voluptes,

De mon torse fluentes coulant vers tes ravines.

*

Qu’as-tu vécu en bas qui t’a rendue si forte ?

D’angéliques cohortes ma tendre Bérénice !

Sur leur dos qui te portent secours ou préjudice ?

Moi qui ne peut vers toi que tendre mon aorte…

*

Ô combien de cerbères te mordent jusqu’aux os…

Et de puissants dragons te serrent dans leurs griffes ?

Pour savourer ta chair attendrie de leurs crocs

Et de leurs ongles longs sans l’aide d’hyppogriffe ?

*

Mon aimable nature saigne à imaginer…

Tous les deux séparés, au point qu’aussi j’endure…

Des tourments que c’est sûr ! mon sexe à l’âme pure

Ta fosse de moitié au moins pourrait combler…

*

Mais j’ai peur que ma corde au temps ne s’effiloche,

Et que de quelque endroit, elle casse ou ne salisse…

Je creuserai donc là, pour tes pieds doux ma Miss !

Dans la roche concorde, plus durables encoches…

Pat le 08/11/14

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15 réflexions sur “C’est pour toi que je souffre

  1. Ces mots placés avec justesse et pudeur sont extraordinaires de générosité ! Où l’on ressent vraiment ce besoin d’aider l’autre dans sa peine et cette impuissance à pouvoir décrocher la lune pour y arriver totalement… L’amitié est un sentiment immense et noble, peut-être le plus beau qui soit parce qu’il se mêle d’amour et de fraternité tout à la fois… ce poème en est la preuve…

    Mes amitiés

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  2. C’est terriblement émouvant, cette façon que tu as, tout en pudeur et sensibilité mais tout autant retenue, de charmer la douleur, de te l’approprier même. Oui, ici la délicatesse l’emporte sur la force brute, le don de soi se révèle dans toute sa grandeur !
    En plus, j’ai relevé quelques signes d’une belle érudition, alors je l’affirme bien haut : c’est sacrément bien ciselé, Pat !

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  3. Beaucoup de ceux que je considère comme des grands poètes n’étaient pas, de leur vivant, des hommes de renommée, certains étaient des âmes perdues…mais tous étaient érudits. Je les admire mais ne sacrifierais pas ma sensibilité à l’érudition pour imiter l’inimitable…Encore que quelques uns parmi vous et dont tu fais partie, sans flatteries, mériteraient d’après moi une plus belle notoriété. Pour moi, l’érudition permet parfois d’illustrer une idée, de trouver une rime… mais l’essentiel est ailleurs.
    J’ai commis une erreur dans ce poème que tu as forcément notée… j’ai corrigé dans l’original. Avec mon amitié.

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