Ce Dimanche


               J’écris en vers et en rimes. C’est peut-être ringard, peut-être pompeux…Dans la vie courante, je ne cherche pas à faire du « Molière » mais j’avoue que j’aime le style, et sans aller jusqu’à là, les vieux films, les « capes et d’épée » dans lesquels les répliques sont taillées au cordeau, le vocabulaire riche…Lorsque les réparties par la justesse des mots touchent si bien leur but, je suis impressionné…moi qui suis c’est sur plus doué pour écrire que pour parler.

Ecrire en vers est un exercice plaisant que je pratique comme d’autres font des mots croisés. La recherche de la rime, la manipulation des mots, rien de tel pour progresser dans la langue et se cultiver à notre époque où les gens communiquent beaucoup mais sans toujours se comprendre…

Et puis la poésie en rimes est un art musical qui chante à l’oreille aussi surement que ne le font les notes d’une belle mélodie… Assembler les mots, remarquer ceux qui collent ensemble, qui ont de surprenantes affinités, et parfois…des phrases, des jeux de mots apparaissent comme par enchantement…

Et puis, en rimes ou non, la poésie reste l’art du cœur, un merveilleux moyen de transmettre des sentiments pour les âmes humaines que nous sommes…(quoique pour certains, j’aie des doutes…).

La poésie serait t’elle alors une affaire de femmes? Ou simplement de sensibilité plus exacerbée. Je vous laisse juge…

Pour ma part, je suis bien un homme, et si j’écris le début de mes vers en rose, c’est simplement par habitude scolaire et pour rompre avec la monotonie de la page blanche que j’utilise dans mon thème.  Je suis de plus un piètre photographe qui ne peut espérer sauver la médiocrité d’un texte par la qualité d’une bonne photographie. La raison en est certainement cette impatience, ce non moindre défaut que j’ai et que je confesse, qui ne me permet pas d’être un bon chasseur d’images.

Cependant, afin d’attester que je suis bien ce que je prétends être, un homme à part entière, je vais rompre avec mes habitudes et vous raconter ma journée d’aujourd’hui: Un Dimanche comme tant d’autres.

              Ce matin, je me suis levé à 10h15. Ma femme qui avait peu dormi à cause du chien des voisins qui hurlait à la mort, était déjà debout et avait préparé le petit déjeuner…Je me sentais en pleine forme. Je m’étais bien réveillé vers 4 ou 5 heures mais après avoir sans doute proférer quelques insultes qui n’ont rien changé, je me suis rapidement rendormi.

Le temps étant splendide contrairement au 30 dernières journées d’ici dans le Nord, bon pied bon œil, je me décide à aller courir. Je m’enfile deux croissants, un petit plaisir réservé aux Dimanche, d’autant plus savoureux que je n’ai pas à me tartiner de biscottes qui cassent ce qui m’énervent surtout quand elles tombent dans mon bol en m’éclaboussant. Vous vous demandez sans doute alors pourquoi je n’opte pas plutôt pour une bonne baguette bien croustillante? Eh bien parce que la boulangerie est trop loin et que j’ai la flemme d’y aller faire la queue… Le temps de revenir, le pain sera refroidi voire peut-être même déjà rassis…Mais c’est vrai qu’une bonne baguette avec trois cafés…ça fait plus viril que deux croissants avec un bol de lait…Bon passons…

Je passe un short, un maillot, aux pieds ma belle paire de baskets fluo bleu et orange…Je grimpe dans la voiture…Oui, j’y vais d’abord en voiture car mon parcours commence à 600 m et à pieds et je devrais traverser le village. Je déteste courir sur le bitume, monter descendre les trottoirs, slalomer entre les poubelles et puis, ça fait frime…Le beau gosse qui sprinte dans les lignes droites et qui s’arrête après le virage du coin de rue…C’est pas mon genre…Moi, je suis un dur…huit kilomètres, pas moins sans m’arrêter.

Je me gare sur le parking de la ferme pédagogique, il y a une caméra au cas où on viendrait me tirer ma caisse…Premières foulées, l’air est un peu frais mais si je me couvre plus, je vais transpirer comme un goret…En soi, ce n’est pas très gênant vu que je suis un peu là pour ça, mais je n’aime pas quand la sueur me pique les yeux… Je m’essuie mais on dirait que la sueur prend un malin plaisir à revenir me chatouiller les prunelles…Je dois avoir les orbites trop creux…

Au début, je cours doucement pour m’échauffer. Il faudrait pas que je me claque, j’ai pas pris mon portable pour appeler les secours au cas ou…en faisant gaffe de bien dérouler le pied. Ca va, mes vieilles douleurs ne me font pas souffrir…J’ai vraiment la pêche. Je longe le canal sur 3 kilomètres, les lieux sont calmes…Je n’entends que le cri des corbeaux en cette fin d’automne, celui des canards et le battement de leurs ailes quand ils s’envolent à mon approche… Soudain, j’aperçois un vététiste arrêté sur le bord du chemin. On dirait un vieux vicelard qui attend que passe une joggeuse affriolante. Pas de bol mon gars, c’est moi! et comme tu vois, j’ai du poil aux pattes même si mon bronzage de l’été en atténue le contraste avec ma peau habituellement trop blanche. De toutes façons, le type est ventripotent…Au pire, j’accélère un peu et je suis sûr que je le sème… Pour ça, c’est dur d’être une femme j’imagine, de se sentir une proie perpétuelle, de ne pas pouvoir gouter ce plaisir que je ressens à m’évader, à courir la forêt…

On me demande souvent pourquoi je cours et à quoi je pense lorsque je cours. Banalement, je cours pour garder la forme, encore que je ne me trouve pas en meilleure santé que la plupart des gens mais de constitution plutôt fragile à la base, je pense être parvenu dans un bonne moyenne favorisée et à long terme qui sait…Si Dieu me garde…Pour le reste justement, je cours pour penser. Lorsque je cours, les endorphines m’ouvrent l’esprit, je suis plus lucide et plus vivant, je prends des décisions, mon chemin s’illumine, des idées d’écriture surgissent…Dur à comprendre pour ceux qui n’ont pas l’habitude de se crotter l’arrière-train sur les chemins boueux, de souffrir parfois après un bon gueuleton qui vous pèse sur l’estomac et vous encrasse les muscles.

Et puis le plaisir de la nature, de la communion avec elle…On va plus loin en courant, moins qu’en vélo mais plus qu’en marchant…fatalement. Aujourd’hui, je croise peu de monde…Deux amoureux qui s’embrassent à pleine bouche dans le parc de Harnes. Ils sont magnifiques et totalement aveugle au sourire que je leur adresse. Et je philosophe seul sur l’amour…Si chacun pouvait connaître un tel amour ne serait-ce que quelques temps, nul doute que le monde irait mieux.

Au retour, j’ai le vent dans le dos, j’accélère…Dans ces instants, je n’écoute que mon corps et au rythme de ma respiration, je puise dans mes réserves, et je n’ai plus peur de rien…Je suis bien, je suis fort, et je vise le gars en blanc qui me fait la nique à deux cent mètres devant. Je gagne du terrain il me semble…Mais paf, il bifurque… Tant pis, mais un kilomètre de plus et je le rattrapais…Je ralentis et là… Un jeune avec un tee-shirt rouge floqué « pompiers de Courrières » me double. Je ne l’avais pas vu arriver…A mon avis il a coupé…Ouais! c’est pas possible, il a coupé!

Content de moi, je rentre pour ne pas être en retard à l’apéro et pour le bon repas que ma femme a préparé.

Voyez, pas de doutes, je suis bien un homme même si j’aime la poésie, les vers, les rimes.

Pat le 24/08/14 Bien sur j’exagère ou presque   

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10 réflexions sur “Ce Dimanche

  1. j’ai adoré oui vraiment car moi aussi j’suis un Homme !!! et je me sens l’âme du poète, j’écris pas spécialement en rimes ou en vers, il m’arrive parfois malgré tout de le faire…donc bravo sieur Rimenaute, continue d’écrire cela te va si bien…
    bon dimanche à toi et à bientôt dans mon chez moi

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