Ma vieille liesse

Petit, je pensais que les vieux avaient toujours été vieux et que l’enfance était une éternelle condition qui d’ailleurs me satisfaisait car je n’y était pas malheureux. Plus tard j’ai considéré que j’avais largement le temps, jusqu’à ce que je réalise, comme tout le monde à un certain moment, qu’il passait…sérieusement vite. Mais si j’ai bien compris, par quelques études, les processus physiologiques et psychologiques qui nous font passer par les différentes étapes de l’enfance à l’âge adulte…en revanche je ne sais toujours pas comment et quand l’on devient vraiment vieux.

Alors je caractérise la vieillesse comme une lente perte de jeunesse, d’énergie et d’entrain, une dégringolade d’abord à l’intérieur de soi, liée au temps bien sur, et à notre force vitale…

Quant à la mort, je n’en parlerai pas aujourd’hui, point trop n’en faut de mélos tristes mais je dirai simplement dans ma poésie qu’elle est un grand message vers Dieu pour lui demander des explications et que lui, y répond de même en nous envoyant des âmes qu’il glisse dans des enveloppes…

*

Ma vieille liesse

*

*

Vieillesse ! éternelle jeunesse

Qui s’en va peu à peu mourir…

En dilapidant les richesses

Consommées pour notre plaisir…

*

Insensiblement part, nous pille…

De nos plus seyants ornements,

Et patiemment nous deshabille

Tantôt d’un poil ou d’une dent !…

*

Dans les célestes mouvements

De son branle bras vers l’éclipse,

En l’horloge ronde du temps

Qui n’en infléchit pas l’ellipse…

*

Ni n’en brise le vieux ressort !

A l’heure estimée du désastre

J’ai beau crier « j’en veux encore !

Remplir mes yeux et l’épigastre ! »

*

Mais de Saint Michel à Saint-Jacques,

En passant par Lourdes, à quoi bon ?

Elle est sourde aux cloches de Pâques

Aux Glockenspiels, carillons…

*

Pour les révérencieux concerts

Sur nos chagrins à recouvrir…

Ceux d’aujourd’hui sur ceux d’hier…

Que la terre peine à contenir.

*

A la mesure de l’instrument

Diabolique auquel que se soumet

L’homme à son strict règlement

Qui se le menotte au poignet…

*

En d’ insupportables douleurs

Tour à tour l’heure n’a de cesse,

Que l’inexorable raideur

De remplacer ses vieilles pièces…

*

Creusant les rides des façiès

Où les sourires loin s’enfoncent,

En forcant d’ultimes souplesses

Qui n’obtiennent pas de réponses…

*

Ding Dong ! oeillez dans la diphtongue

Notre situation précaire !

C’est vrai que la vie n’est pas longue,

Et son éternité l’empire !

*

Alors en attendant sa nonce,

Qu’une Parque coupe le fil

De mon arc, que je renonce

A suivre l’aiguille qui file…

*

Je me repais de ma jeunesse

Avant qu’elle glisse, ne se gâte

En moi, vers d’infinies tristesses

De mon enveloppe à la boîte…

*

Pat le 22/08/14

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4 réflexions sur “Ma vieille liesse

  1. Je ne peux croire que j’avais pris tant de retard chez-toi pour mes lectures. Déjà le dernier article que je lis et commente… alors, il te faudra te mettre à l’écran et laisser aller ton doigté M. Patrick car là… je n’ai plus rien à lire, rire

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